La femme et 
la colonisation

Les communautés 
religieuses

Les femmes 
en éducation

Les femmes 
et la santé

Crédits

Les sages-femmes des Hautes-Laurentides

Des femmes dévouées à leurs concitoyennes

Au cours des années, ce métier est exercé, dans certaines familles, de génération en génération. À la maison, la sage-femme prépare le matériel nécessaire, supporte la femme tout au long du travail et l’accompagne dans la mise au monde du bébé. Elle donne les premiers soins au nouveau-né et à la nouvelle mère.

Les nombreuses sages-femmes et accompagnantes de médecin ayant exercé leur métier dans les différentes municipalités de la région ont presque toutes leur nom mentionné dans divers ouvrages ou articles portant sur le sujet. L’une d’elles, Philomène Lefebvre de Nominingue, a même noté dans un carnet le nom, la date de naissance et le sexe de tous les enfants qu’elle a mis au monde. Il s’agit vraisemblablement du seul document matériel lié à l’histoire de cette profession à être conservé dans la région. La carrière de Mme Régis Drouin, qui a exercé dans les paroisses autour de Labelle et de L’Annonciation, est particulièrement digne de mention. Arrivée dans la colonie en 1881, alors qu’il n’y avait pas de médecin, elle « allait aux malades » et venait au secours des femmes de colons qui accouchaient. Cette âme généreuse aurait assisté plus de 350 naissances, risqué sa vie en parcourant des distances considérables en pleine tempête, déchiré ses propres vêtements pour habiller des nouveau-nés dans un contexte de pauvreté extrême, et autres dévouements commandés par sa vocation.

Au début, la sage-femme assumait l’entièreté de l’accouchement. Plus tard, la sage-femme accompagnait le médecin lors de l’accouchement. Par la suite avec l’accouchement à l’hôpital et la médicalisation de l’accouchement, la pratique sage-femme fut interdite.

Élisa Beauséjour, sage-femme de Lac-des-Iles. Source: Lucie Pilote.

En 1988, quatre associations de femmes réclament du gouvernement la reconnaissance des sages-femmes au Québec. Il s’agit de l’AFÉAS, de la Fédération des femmes du Québec, du mouvement Naissance-Renaissance et du Cercle des Fermières du Québec. Il faudra attendre 1999 pour que la pratique sage-femme soit légalisée.

Rose-Anne Ouellette, sage-femme de Mont-Laurier, en compagnie de son mari Lévis Léonard. Source: Thérèse Fleurant Ouellette.

Voici une liste de certaines des sages-femmes ayant pratiqué dans la région :

Nominingue : Célina Drouin, Mesdames Arthur Nantel, Félix Croisetière, David Lefebvre, Germain Cornut, Gédéon Vallières et Jean-Baptiste Vachet.

L’Annonciation : Odile Hogue-Pitre, Agnès Desjardins, Arménie Lefebvre et Mesdames Régis Drouin et Thomas Brunet.

Kiamika : Madame Joseph Deschamps et Marie-Rose Dravigné-Turgeon.

Lac-des-Écorces : Célina Légaré et Madame Francis Pauzé.

Lac-du-Cerf : Mary-Ann Macknabé, « Mémères » Gareau et McGrégor, Elmire Beaulieu, Cléophée Poirier, Rose-Emma Paradis-Léonard, sa fille Dorina et sa bru Albina.

Lac-des-Iles : Élisa Beauséjour-Pilote.

Saint-Jean-sur-Lac : Marguerite Jolicoeur-Therrien.

Sainte-Anne-du-Lac : Mesdames Aumont et Simon Melançon.

Notre-Dame-du-Laus : Mesdames Pierre Chénier et Octave Thibodeau.

Mont-Laurier : Yvonne Labelle, Rose-Anne Ouellette Léonard, Laurette Bélanger Lamoureux, Léonie Bélanger.

Ferme-Neuve : Mesdames Collins, Brooks, Bohémier, Éthier et Tessier.

___

La Laurentie 13 p.11.
Les Hautes-Laurentides, j’en suis malade, exposition SHGHL, 2006.
La femme colonisatrice, Patrimoine culturel de la MRC d’Antoine-Labelle 2016.
www.osfq.org

Marie-Rose Brisebois

Marie-Rose Brisebois est née à Ste-Marguerite du Lac Masson en 1902. Arrivée à Mont-Laurier avec ses parents en 1919, l’année suivante elle retourne à Montréal afin de travailler pour payer ses études d’infirmière. Elle revient à Mont-Laurier en 1934 et épouse Josaphat Boucher. Elle se rend au chevet des patientes en « boggy », en chaloupe ou en traîneau selon les saisons. Elle recueille chez elle nombre d’abandonnés et d’orphelins. Puis après avoir vendu leur terre et déménagé dans la ville de Mont-Laurier, elle ouvre une pouponnière. Plus tard, elle fonde le Foyer d’accueil Boucher où elle reçoit jusqu’à 17 pensionnaires de l’hôpital de L’Annonciation.

Marie-Rose Brisebois, en 1934 avec son mari Josaphat Boucher. Source: L’Écho de la Lièvre, 1985.