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L’Hospice Sainte-Anne (1932-1950)

Premier hôpital de Mont-Laurier

Avant la construction de l’hospice Saint-Anne, les médecins de la région prodiguaient les soins à domicile ou dans leurs bureaux. Il n’y avait aucune institution pour accueillir les vieillards et les orphelins de la région, ceux-ci ainsi que les malades graves devaient être envoyés a Montréal, loin de leur famille et de leur région. Pour faire face à ce problème, l’Hospice Saint-Anne est construit en 1932. Mgr Limoges sollicite les sœurs Grises de la Croix d’Ottawa afin de prendre en charge la gestion et l’organisation des soins dans la nouvelle institution en construction.

Lors de la construction de l’Hospice Sainte-Anne, un service d’infirmerie était prévu au deuxième étage, mais seulement les vieillards et orphelins malades y recevraient des soins. Les cas critiques seraient transférés à Montréal.

En 1932, Sœur Saint-Donatien, avec d’autres religieuses, arrive à Mont-Laurier pour aménager les locaux et préparer la venue des premiers vieillards et orphelins. L’Hospice recevra un visiteur de marque, le Frère André et une guérison inattendue se réalise. Deux ans après l’ouverture de l’Hospice, le nombre de pensionnaires s’élève à 120.

En 1935, un jeune chirurgien arrive à Mont-Laurier, le Dr Gustave Roy, originaire de la Gaspésie. Celui-ci veut pratiquer la chirurgie à Mont-Laurier et ne pas être obligé de transférer ses clients vers Montréal, il s’installe donc dans l’hospice Saint-Anne. Mgr Limoges l’oriente vers les Sœurs Grises de l’Hospice. Bien que l’infirmerie ne fut pas dotée d’équipements pour recevoir des malades externes et pratiquer des opérations, il fut décidé que ce département servirait d’hôpital.

En janvier 1936, le Dr Gustave Roy réalise la première chirurgie, il opère une jeune fille de Nominingue souffrant de péritonite. Le Dr Thibouthot l’assiste comme anesthésiste.

 

Religieuses accompagnant le docteur Gustave Roy. Juin 1938. P027 Fonds Alcide Boudreault.

Docteur Gustave Roy avec les sœurs de l’Hospice Sainte-Anne et l’abbé Omer Côté. Juin 1938. P018 Fonds Laurenza Blouin Bélanger.

En mars 1936, Sœur Ste-Constance, une des premières sœurs graduées de l’Hôpital Général d’Ottawa, est envoyée comme directrice du nouvel hôpital. Elle devra également pratiquer l’anesthésie et s’occuper de la radiographie. En juin 1936, grâce à une contribution de la maison mère des Sœurs Grises, une salle d’opération fonctionnelle est installée.

En 1937, déjà plus de 400 patients ont été hospitalisés, 135 opérations majeures et 47 opérations mineures ont été réalisées, 75 radiographies et plus de 300 examens de laboratoire effectués.

L’Hospice Sainte-Anne, reconnu comme assistance publique reçoit, en plus des orphelins et des patients du Dr Gustave Roy, des « cas privés », soit des enfants dont les parents s’acquittent d’une pension. Dans les localités éloignées des villes, les enfants sont le plus souvent amenés directement par les parents sans l’intervention d’une agence sociale.

Le 21 août 1957, l’Hospice Sainte-Anne devient officiellement le Foyer Sainte-Anne.

En 1968, le Foyer Sainte-Anne cessera sa vocation d’orphelinat pour se consacrer à sa vocation d’hospice auprès des personnes âgées et des personnes handicapées.

En 1974, le Foyer Sainte-Anne devient propriété du gouvernement provincial et prend le nom de Centre d’Accueil Sainte-Anne.

De 1932 à 1978, la direction générale est assumée par des religieuses, mais dès que la direction devient laïque, c’est un homme qui prend la relève soit M. Jean-Guy Lavoie.

En juin 1979, les Sœurs Grises de la Croix d’Ottawa quittent définitivement le centre d’accueil après 46 ans de dévouement dans la communauté.

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La métamorphose des orphelinats québécois au cours de la Révolution tranquille (1959-1971).
www.Erudit.org.
Histoire de Mont-Laurier Tome 1 1885-1940, Luc Coursol, p 278-279.
Histoire de Mont-Laurier-1940-1990, Luc Coursol, p.433.
La Laurentie no 13, Quoi de neuf docteur?, 2012, p. 8-9.
Les Hautes-Laurentides, j’en suis malade, exposition SHGHL, 2006.