L’École normale de Mont-Laurier (1927-1966)
Dès le début de la colonisation des Hautes-Laurentides, les colons se préoccupaient de trouver des institutrices afin de scolariser leurs enfants. Les conditions de vie et de travail étant difficiles, qui viendrait relever ce grand défi ? Dans différentes municipalités, des écoles de rang demeuraient fermées faute d’institutrices. Parmi les écoles qui demeuraient en fonction, certaines institutrices étaient non qualifiées.
Mgr Limoges en 1924 demande à la Supérieure des Sœurs de Sainte-Croix en visite a Mont-Laurier : « Seriez-vous prête, ma Mère à fonder ici une École normale ? »
En 1925, Mgr Limoges adresse au gouvernement une demande pour l’établissement d’une École normale à Mont-Laurier. La demande est acceptée et une subvention de 10 000$ annuellement est accordée. La même année, la supérieure générale de Sainte-Croix, Mère Marie de S.-Clotilde vient rencontrer Mgr Limoges pour examiner les sites proposés pour la future école. Le contrat d’achat étant signé le 23 juin 1926, la construction est confiée à M. Damien Boileau, entrepreneur et les plans et devis furent réalisés par M. Joseph Sawyer, architecte.
« Le gouvernement ne bâtit pas lui-même les écoles normales de filles et il n’en prend pas la responsabilité financière. Accepter dans ces conditions, la régie des écoles normales, c’est, de la part des communautés, un acte de dévouement à notre éducation primaire ».
Le 19 juillet 1927, les Sœurs de Sainte-Croix emménagent dans l’École normale située entre la cathédrale et la rivière du Lièvre. Elles se mettent vite à la tâche, car le 6 septembre, elles accueilleront une soixantaine de normaliennes et une trentaine de pensionnaires.
École normale de Mont-Laurier. Collection de la SHGHL.
Le prospectus de 1927 (page 79) de l’École normale citait sa vocation:
- Instruire les jeunes filles selon les données du programme du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique.
- Les préparer à entrer dans la carrière de l’enseignement par une sérieuse formation pédagogique
Le programme de formation comprend :
- La pédagogie théorique et pratique est en tête et comprend les « Lois et règlements scolaires » que toute institutrice doit connaître.
- L’instruction religieuse et morale, la langue française, les mathématiques, l’histoire, le dessin, les arts domestiques, la langue anglaise, les sciences naturelles, la géographie, la musique et le latin.
« La création de l’École normale permet aux jeunes filles de la région
de poursuivre leur instruction à un niveau supérieur
et d’assurer à la région un bassin d’institutrices qualifiées. »
Marie-Jeanne Forget-Grenier, ancienne normalienne.
Mère Marie de Saint-Maximilienne est la supérieure fondatrice de l’École normale et demeurera en fonction jusqu’en 1940.
Les normaliennes provenaient de la région de Mont-Laurier, des Basses-Laurentides, de Montréal et même des États-Unis. Toute une aventure en 1927. L’École normale avait aussi des élèves réguliers et un pensionnat pour les élèves. Des classes de la première à la septième année avec les religieuses comme titulaires. Les normaliennes commencent leur apprentissage dans les classes du pensionnat.
De 1927 à 1965, 1768 normaliennes ont réalisé une année complète d’étude. 68% des étudiantes provenaient de la région de Mont-Laurier. En 1965, quatorze garçons furent admis a l’École normale pour les études en enseignement.
Dans le cadre du rapport Parent, les petites écoles normales fermeront leurs portes. N’ayant pas les revenus suffisants, le personnel et l’équipement nécessaire pour l’enseignement conduisant au brevet A et au baccalauréat en pédagogie, l’École normale fermera ses portes en juin 1966. L’édifice sera vendu à la commission scolaire régionale Henri-Bourassa en 1970.
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Alice Gauthier et Cécile Reid-Brisebois, Histoire de l’école normale du Christ-Roi de Mont-Laurier 1927-1966, Mont-Laurier, 1985.
Jeannette Létourneau, Les écoles normales de filles au Québec.
Filles de l’école Christ-Roi (1954)
1. […]
2. […]
3. Chantale Blais
4. […]
5. […]
6. […] Cloutier
7. Diane Martine
8. Danielle Venne
9. Nicole Lemieux
10. Suzanne Lafleur
11. Diane Venne
12. Marcelle Courtemanche
13. Monette Martin
14. […]
15. […] Thomas
16. […]
17. […]
18. […]
19. […]
20. Monique Noël
21. […]
22. […] Lauzon
Horaire d'une normalienne pensionnaire
5h30 : Réveil
Toilette
Participation à la messe
Prière avant le déjeuner
Déjeuner
Entretien ménager de l’école, cours de musique, de dactylographie et repos
8h00 : Prière et début des cours
10h00 : Récréation
10h10 : Études
11h50 : Examens particuliers
12h00 Prière de l’Angelus
Dîner
Pratiques pour les musiciennes et les apprenties dactylo
Récréation
13h30 : Reprise des cours
15h30 : Collation
Promenade, jeux
Une heure d’étude personnelle
Prière et récitations du chapelet
Souper
Récréation
75 minutes d’études
Prière et cantique
Après une journée bien remplie, c’est l’heure du coucher. On doit se reposer pour débuter une nouvelle journée.








